Evans et Cartier-Bresson, deux visions de l'Amérique

Jusqu'au 21 décembre 2008, la Fondation Henri Cartier-Bresson célèbre le centenaire de la naissance de l'artiste en l’associant à l’un des photographes qu’il a admiré le plus jusqu’à la fin de sa vie, sur un sujet commun qu’il affectionnait tout particulièrement : l’Amérique. Cette exposition est l’occasion de mettre à l’honneur deux grands maîtres de la photographie du XXe siècle qui se vouaient une estime réciproque.
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L’exposition présente quatre-vingt six tirages d’époque. Les oeuvres de Walker Evans proviennent d’institutions américaines (Getty, MoMA) et de collections privées ; celles de Cartier-Bresson, dont plusieurs inédites, sont issues de la collection de la Fondation HCB. Les images présentées ont été réalisées entre 1929 et 1947 dans des environnements urbains (New York, Washington, Chicago, Californie) et dans le Sud : Mississipi, Alabama, Louisiane…


Henri Cartier-Bresson et Walker Evans


Walker Evans
(1903-1975), jeune Américain épris de Flaubert et de Joyce, était venu passer une année à Paris en 1926 dans le but de devenir écrivain ; c’est à son retour aux Etats-Unis qu’il a décidé de se consacrer à la photographie. Henri Cartier-Bresson (1908-2004), passionné de peinture, a photographié les années 1930 "à la sauvette" avant de s’essayer au cinéma - à New York avec Paul Strand puis en France avec Jean Renoir – et d’opter finalement pour la photographie. Imprégnés de littérature, de poésie, de peinture, dotés d’une insatiable curiosité et de la volonté farouche d’être les libres témoins de leurs temps, c’est donc par la photographie qu’Evans et Cartier-Bresson manifestèrent tous deux, différemment, une forme de critique sociale.

Les deux photographes ont nourri chacun un profond respect pour le travail de l’autre. Cartier-Bresson évoquait souvent Girl in Fulton Street, l’une des deux images d’Evans qu’il avait sélectionnées pour l’exposition inaugurale de sa Fondation en 2003 ("Les Choix d’HCB"). En 2001, il a écrit à Peter Galassi, conservateur en chef du département de photographie du MoMA : "Sans le défi que représentait l’oeuvre de Walker Evans, je ne pense pas que je serais resté photographe". Evans quant à lui écrivait dans le New York Times à la sortie d’Images à la sauvette en1952 : "Cartier-Bresson est un véritable homme de l’oeil. Il fut en outre l’un des rares innovateurs en photographie".


Une grande partie des images que Cartier-Bresson et Evans ont réalisé aux Etats-Unis à cette époque sont devenues des oeuvres majeures. Pour Agnès Sire, commissaire de l’exposition "Cette rencontre, à l’occasion du centenaire de la naissance d’Henri Cartier-Bresson, permet de confronter leurs regards dans ce qu’ils ont de plus différents, mais assurément dans le partage d’une conscience aiguë du monde, proche ou lointain, et d’une insatiable jouissance de l’oeil.".

 

NOTRE SELECTION
Photographier l'Amérique, 1929-1947 de Henri Cartier-Bresson et Walker Evans / Septembre 2008 / Steidl/cde Editions / 181 pages / 35 €
Présentation du livre : "Sans le challenge de l’œuvre de Walker Evans, je ne crois pas que je serais resté photographe." Henri Cartier-Bresson, 2001
Au printemps 1946, Henri Cartier-Bresson arrive aux Etats-Unis pour préparer son exposition au MoMA à New York. Il y restera dix-huit mois, il décide vite d’entamer un travail de longue haleine avec un écrivain pour publier un livre qui ne verra finalement pas le jour. Cette période est très importante pour le photographe : c’est à ce moment, l’après-guerre, qu’il choisit de ne pas devenir cinéaste et d’embrasser pleinement la photographie. De son côté, Walker Evans a publié American Photographs en 1938, Let Us Now Praise Famous Men avec James Agee en 1941, et travaille à la réalisation de son projet Many Are Called, qui ne sera publié qu’en 1966. Walker Evans et Henri Cartier-Bresson appartiennent à la même génération, nourrie de voyages et de curiosité intellectuelle. Tous deux sont imprégnés par la littérature, la peinture et par une forme de critique sociale manifestée différemment : la frontalité et la distance d’Evans par rapport à son pays, face aux diagonales centrées sur l’humain du Français qui renifle (pour utiliser une de ses expressions) un territoire encore nouveau pour lui.

Pour commander directement ce livre :

NOS INFOS

Exposition Henri Cartier-Bresson / Walker Evans
Photographier l’Amérique (1929-1947)

Du 10 septembre au 21 décembre 2008

Tarifs :
plein tarif : 6 euros
tarif réduit : 3 euros
gratuit pour les Amis de la Fondation HCB
gratuit en nocturne le mercredi (18h30 – 20h30)

infos : www.henricartierbresson.org

Fondation Henri Cartier-Bresson

2, Impasse Lebouis, 75014 Paris
Tel : 01.56.80.27.00

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