L’exposition présente quatre-vingt six tirages d’époque. Les oeuvres de Walker Evans proviennent d’institutions américaines (Getty, MoMA) et de collections privées ; celles de Cartier-Bresson, dont plusieurs inédites, sont issues de la collection de la Fondation HCB. Les images présentées ont été réalisées entre 1929 et 1947 dans des environnements urbains (New York, Washington, Chicago, Californie) et dans le Sud : Mississipi, Alabama, Louisiane…
Henri Cartier-Bresson et Walker Evans
Walker Evans (1903-1975), jeune Américain épris de Flaubert et de Joyce, était venu passer une année à Paris en 1926 dans le but de devenir écrivain ; c’est à son retour aux Etats-Unis qu’il a décidé de se consacrer à la photographie. Henri Cartier-Bresson (1908-2004), passionné de peinture, a photographié les années 1930 "à la sauvette" avant de s’essayer au cinéma - à New York avec Paul Strand puis en France avec Jean Renoir – et d’opter finalement pour la photographie. Imprégnés de littérature, de poésie, de peinture, dotés d’une insatiable curiosité et de la volonté farouche d’être les libres témoins de leurs temps, c’est donc par la photographie qu’Evans et Cartier-Bresson manifestèrent tous deux, différemment, une forme de critique sociale.
Les deux photographes ont nourri chacun un profond respect pour le travail de l’autre. Cartier-Bresson évoquait souvent Girl in Fulton Street, l’une des deux images d’Evans qu’il avait sélectionnées pour l’exposition inaugurale de sa Fondation en 2003 ("Les Choix d’HCB"). En 2001, il a écrit à Peter Galassi, conservateur en chef du département de photographie du MoMA : "Sans le défi que représentait l’oeuvre de Walker Evans, je ne pense pas que je serais resté photographe". Evans quant à lui écrivait dans le New York Times à la sortie d’Images à la sauvette en1952 : "Cartier-Bresson est un véritable homme de l’oeil. Il fut en outre l’un des rares innovateurs en photographie".
Une grande partie des images que Cartier-Bresson et Evans ont réalisé aux Etats-Unis à cette époque sont devenues des oeuvres majeures. Pour Agnès Sire, commissaire de l’exposition "Cette rencontre, à l’occasion du centenaire de la naissance d’Henri Cartier-Bresson, permet de confronter leurs regards dans ce qu’ils ont de plus différents, mais assurément dans le partage d’une conscience aiguë du monde, proche ou lointain, et d’une insatiable jouissance de l’oeil.".


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Photographier l'Amérique, 1929-1947 de Henri Cartier-Bresson et Walker Evans / Septembre 2008 / Steidl/cde Editions / 181 pages / 35 €
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