Trois artistes et trois manières d’aborder l’image y sont représentés au travers le travail de Edouard Boubat, Peter Knapp et Shoji Ueda.
Retrouvez du 16 janvier au 30 mars 2008 à la Maison européenne de la photographie les trois expositions suivantes :
- Edouard Boubat, Revelations
- Peter Knapp ou la passion des images
- Shoji Ueda, une ligne subtile
Maison européenne de la photographie
5/7 rue de Fourcy - 75004 Paris
Téléphone: (33) 1 44 78 75 00
Fax: (33) 1 44 78 75 15
Ouvert tous les jours de 11 heures à 20 heures, sauf les lundis, mardis et jours fériés.
Accès à la billetterie jusqu'à 19 heures 30.
Tarifs : 6 € en plein tarif et 3 € en demi-tarif
Site : www.mep-fr.org/
S’il avait fallu trouver un point commun, une unité entre le travail de Peter Knapp et Shoji Ueda, cela aurait été à travers la comparaison des cibachromes* résolument expérimentaux ou photographies au jet d’encre du premier, et du travail surréaliste du second. Mais point de dénominateur commun affiché : la Maison Européenne de la Photographie tient secret le lien qui lie les trois artistes Peter Knapp, Edouard Boubat et Shoji Ueda. C’est donc bien pour ses portraits de brindilles grandiloquentes et démesurément glamour pour le magazine ELLE, et le Sunday Times magazine que Knapp est présent à la MEP. Par une étrange procuration ces clichés rendent nostalgiques.
Sur l’autre versant, oriental cette fois, campe un autre photographe qui lui aussi fit poser certains de ces modèles pour des séries de mode. Celles-ci portent un ombrage évident à celles des plus grands maîtres. Ses gravures de modes, au noire et blanc unique, quasi sépia sont des inventions modernes qui auraient le droit de revendiquer un terme sui generis dans cet art. Inclassable, ce travail venu de Tottori est un manifeste artistique en puissance. Ueda emprunte à la peinture sa liberté de création, changeant ainsi la nature à sa guise, (ce qui sans photomontage est un parfait exploit…) Et c’est une revendication chez lui : l’intervention du photographe est un postulat nécessaire. L’art imite la nature mais il l’épuise aussi. En cela, né au début du siècle dernier, Ueda est le plus platonicien des photographes. Surréaliste pourtant. Entre pictorialisme (Art Photography des années vingt) et photographie avant-gardiste (New Photography des années trente), Ueda trouva une voie unique.
Délicats et contrastés, les clichés d’Edouard Boubat offrent quant à eux une certaine ampleur à la figure humaine. Car si l’humanisme signifie recentrement sur l’être humain il n’est pas pour autant un plan resserré sur lui. L’homme dans sa béatitude, sa plénitude et sa simplicité est comme il le dit lui-même "une photographie vivante". L’homme n’est jamais au-dessus de l’humanité, la photographie ne l’est jamais non plus. Celle-ci conçoit des mondes, ils sont ici au nombre de trois.
*(procédé de tirage photographique couleur depuis un film inversible)


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