La figuration narrative au Grand Palais



Regroupant plus de cent peintures, objets ou films, l’exposition Figuration narrative est conçue comme une exploration des sources du renouveau figuratif qui marque l’histoire de l’art des années soixante à Paris.
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Notre avis 
La Figuration Narrative au Grand Palais
Leur rassemblement, que l’on peut considérer comme le plus à même de rappeler l’inventivité de ces années fondatrices, permet de saisir le climat d’apparition de ces oeuvres. Suivant un parcours mettant en valeur les thématiques majeures qui ont inspiré la plupart de ces artistes, l’exposition se divise en sections nettement distinctes :

 




NOS INFOS

Figuration narrative au Grand Palais du 16 avril au 13 juillet 2008 :

Galeries nationales du Grand Palais :
3 avenue du Général Eisenhower
75008 Paris

Entrée : Clemenceau ou square Jean-Perrin
Tél. : +33 (0)1 44 13 17 17 (serveur vocal)
Site : www.rmn.fr

Tarifs : 11,50 €


Et pour ceux qui n'ont pas l'occasion de se rendre à l'exposition, retrouvez toutes les oeuvres
dans ce livre :

La figuration narrative d'un collectif d'auteurs
La figuration narrative
d'un collectif d'auteurs / Réunion des Musées Nationaux / 2008 / 49 €

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NOTRE CRITIQUE

 

Puisque les avant-gardes n’ont qu’un temps, il faut réinventer des modes de narration artistiques. C’est ce que firent les artistes de la Figuration narrative dans le Paris des années 1960 en s’attelant à une belle récupération ou recyclage impertinent avec une idée en tête, produire une "peinture historique".

 

Recycler pour détruire toute forme de classicisme, l'art iconoclaste devient ainsi une destruction méthodique des représentations sacrées. Où le sacré est synonyme de "tout ce qui a été célébré" dans l'Histoire de l'art. Les oeuvres en ressortent pimpantes et on les aime pour leur côté un brin risible. Plus que de figurer, celles-ci défigurent. Le tableau qui montre le mieux cet aspect reste celui de Recalcati qui barre un paysage romantiquement niais d’un coup de sparadrap. On cache, on masque ou détourne Velasquez, on customise. Ne sachant tellement plus comment figurer, le même artiste en 1961 se jette sur la toile et y dépose ses vêtements, pour un rendu direct, magistral.

 

Du coup, les artistes de la Figuration narrative apparaissent un peu comme des affichistes de l’air du temps (si synchrones avec le ciné, la BD...). Et c'est pour cela que l'exposition intéresse tant, l’enjeu de la figuration narrative étant bien la capacité de la peinture à intervenir sur le cours de l’histoire.

 

L'exposition est également enrichissante pour les deux dépassements majeurs qu'elle offre. Dépassement des mouvements précurseurs (surréalisme, abstraction) qui au bout d’un moment finissent par ne plus être révolutionnaires et radotent. Et dépassement des formes artistiques archaïques comme seule condition d'intégration de ses formes naissantes comme les comics par exemple. En témoigne ce tableau d'Eduardo Arroyo qui dépeint un homme de cour (Sébastian de Morra) dont la veste est affublée de pin's picsou... Ou encore ce pastiche, non moins amusant, d’une œuvre qui aurait pu être celle d’Ingres à laquelle on a apposé un drapeau américain.

Les œuvres composites de la figuration narrative menacent ainsi l’histoire de l’art pour faire date. Pari gagné.

 

Léa Chauvel-Lévy

 

 
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