Après les percées de l'art contemporain dans les musées de Versailles et Orsay, c'est au tour de Jan Fabre qui a carte blanche dans un bon nombre de salles du musée du Louvre.
L'enfant terrible de la "nouvelle vague flamande" des années 1980 est de retour à Paris pour exposer les talismans qui ont toujours porté bonheur à son œuvre. L’exposition grouille de scarabées et de génie. Le résultat est saisissant : en témoigne l’air halluciné des touristes dans ce sacro-saint lieu de la culture croisant cafards, os, tortue qui jonchent le parquet ciré, ici et là.
Comme dans un tableau de Bruegel, il faut déchiffrer tous les symboles pour comprendre ce fascinant bestiaire qui emprunte beaucoup à la tradition iconographique des œuvres flamandes. Le travail se présente donc avant tout comme des répliques ou contrepoints contemporains des peintures de l’Ecole du Nord, Van Eyck, Memling, Rembrandt et Rubens. Cette intertextualité et ce dialogue ouvert sont franchement innovants ; l’exposition parvenant à offrir comme une peau neuve à ces primitifs flamands.
Fabre est un merveilleux prédicateur de la vanité* contemporaine. Doucement activiste, il dispense sa vision artistique de la consilience et pense la convergence des savoirs. En rendant hommage aux peintres baroques, sensualistes, son memento mori se place du côté de la vie.
*Une vanité est une catégorie particulière de nature morte, à haute valeur symbolique, un genre très pratiqué à l'époque baroque, évoquant la précarité de la vie et l'inanité des occupations humaines.
























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