Peter Doig, star du marché de l'art

Le Musée d’Art moderne présente la première grande exposition à Paris de Peter Doig, figure déterminante de la scène artistique internationale.
Peter Doig au Musée d'Art Moderne de la Ville de Paris
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Notre avis 

Présentation de l'exposition :

Composée de 46 peintures et 40 dessins - regroupées par thèmes, l’exposition retrace le parcours de l’artiste depuis le début des années quatre-vingt-dix à aujourd’hui. Ses peintures envoûtantes présentent des paysages qui semblent issus de souvenirs ou de rêves.

Né en Ecosse en 1959, Peter Doig a été élevé à Trinidad et au Canada. A l’âge de vingt ans, de retour en Grande-Bretagne, il suit des études artistiques à Wimbledon School of Art, puis à Saint Martin’s School of Art entre 1980 et 1983. En 1989, il reprend des études à Chelsea School of Art, après un séjour de trois ans au Canada.

Dès le début des années quatre-vingt-dix, son travail est reconnu, notamment grâce à une exposition personnelle à la Whitechapel Art Gallery en 1991. Son approche très personnelle de l’image peinte lui vaut une reconnaissance sur la scène internationale.

 

NOS INFOS

Musée d'Art moderne de la ville de Paris

Du mardi au dimanche de 10h à 18h, le jeudi jusqu'à 22h - 11 avenue du Président Wilson, 75016 Paris - Renseignements : 01.53.67.40.00

 

NOTRE CRITIQUE

Même si l'on est insensible ou hermétique aux coteries, il est intriguant de comprendre la récente fascination que les Français ont depuis peu pour les sujets banals de Peter Doig... Que signifie cet engouement pour cet exotisme aux teintes ringardes, ces palmiers, ces pieds en éventail, ce poney jovial comme dans un fabliau ? Autant de sujets qui produisent le même effet qu’une carte postale ridicule... trop sucrée, nacrée, mièvre. Pourtant, loin d'une simple naïveté, ces toiles évoquent un paradis perdu et s’offrent une seconde vie dans notre imaginaire. Voilà la force incontestable de cette oeuvre.

A ce pendant contemporain d’un Gauguin période haïtienne, on lui préfère la série inspirée par Le Corbusier qui arbore plus de matière et d'aspérité. Plus boueux, plus terriens, plus forts, les sujets sont vivants, incarnés.


Dans le fantastique tableau Concrete Cabin, cette ombre dans un grand soleil, Peter Doig rend hommage à son spectateur en lui laissant l'impression, si rare, qu’il constitue le premier plan du tableau. Les toiles se dévoilent progressivement à mesure que notre regard franchit une liane, un bouleau, une frondaison. Le thème de l'homme face à la nature reste en dehors du tableau... comme son préalable. S'agit-il d'un romantisme conservé mais pris à rebours de sa première conception ? Dans l'histoire de l'art, c'est un cas relativement isolé.


Les tableaux de Doig laissent place à un hors-champ, extraordinaire, qui n’est rien d’autre que notre imagination.

 

Léa Chauvel-Lévy

 

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