Valérie Belin à la MEP du 9 avril au 8 juin 2008 :
Maison Européenne de la photographie
5/7 rue de Fourcy
75004 Paris
Métro: Saint Paul ou Pont Marie.
Bus: 67, 69, 96 ou 76.
Renseignements : 01.44.78.75.00
Entrée : 6 €
Tarif réduit : 3 €
La vision générique et sérielle de Valérie Belin méduse. Mais c’est quitte ou double : soit l’esprit trouve l’approche méthodique ennuyeuse et revient sur lui-même sans être touché, soit il lit le message niché dans ces chapitres et est bouleversé. C’est ce que l’on est. Bouleversé par ce travail sur la particularisation et sur l’uniformisation. Une interrogation promène en tout cas le visiteur : que sont ces séries de visages, de métisses, de femmes noires, de transsexuels, de miroirs ?
Pas de réponse dans la première salle. Il faut attendre la série de portraits gelatino argentiques, identiques en tous points dans leur construction mais non dans leurs contenus. S’agit-il de la même personne maquillée différemment ? Négatif. Six portraits bien distincts se confondent pourtant. C’est un agréable vertige et c’est aussi le premier intérêt de l’exposition : Il faut prendre le temps d’observer, de consigner les indices, pour déceler la différence entre les visages. Curieuse idée si l’on prend conscience de la spécificité d’un visage humain : son unicité. Zoom potentiel sur une infinité de détails, l’exercice phénoménologique que Valérie Belin nous impose est donc une mise à l’épreuve de l’œil humain.
Deuxième intérêt : reconnaître le vivant de l’inanimé figé par une photographie. La troisième salle, édifiante, propose une série de mannequins que l’on croit de cire mais qui sont pourtant parfaitement humains. Dans un sens comme dans un autre, se baladant dans les salles après s’être posé cent fois ces questions "Et là… s’agit-il d’une poupée ou d’une vraie femme ?", on se dit que la limite seuil entre le vrai/ faux est dans ce que le regard humain y met. Finalement, c’est à l’homme de décider (ce) qui est humain, ou pas.