Présentation du livre :
Ils sont jeunes, sortent des meilleures écoles et universités, gagnent bien leur vie, ont des postes à responsabilités dans des entreprises prestigieuses... et pourtant les jeunes cadres sont au bord de l'explosion. Alexandre des Isnards et Thomas Zuber font plus que raconter leurs propres expériences : ils se font les porte-parole de toute une génération... qui s'est confiée à eux. Au début ce n'était qu'un jeu : Thomas et Alexandre postent par mail ou sur leurs pages MySpace des textes parfois amers mais toujours drôles sur leur vie de bureau. Leurs chroniques circulent, leurs amis s'y reconnaissent, envoient leurs propres anecdotes. Au final, des dizaines de témoignages s'accumulent, et surtout se recoupent.
L'open-space m'a tuer d'Alexandre des Isnards et Thomas Zuber / septembre 2008 / Hachette Littérature / 212 p / 16, 50 €
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Leur dieu n’est pas Toubon, ils ne sont pas chauvins encore moins réactionnaires ou anti-capitalistes mais brossent une peinture au vitriol du cadre... des cadres. Isnard et Zuber sont simplement mordants et critiques, et l'on s'en réjouit.
Le titre est un clin d’œil à la célèbre phrase ‘Omar m’a tuer', il intime peut-être par là l’idée qu’un procès officieux contemporain vient de s’ouvrir. Procès d’un néo-management un peu grossier, des faux semblants de bureau où la mise en scène du travail a plus de valeur que le travail lui-même.
L’ouvrage s’amuse autant qu’il nous amuse de ces pratiques récentes et interroge avec humour cette nouvelle communication. Pourquoi la langue maternelle est-elle dénigrée au profit d’un quintal d’anglicismes ridicules ? Cette problématique communicationnelle n’est qu’une des strates de la réflexion des deux auteurs mais elle restera la plus fouillée. Les nombreuses notes de bas de page qui font office de traduction de cette étonnante novlangue sont à ce titre très symptomatiques.
Témoignage ludique mais sarcastique, L’Open space m’a tuer démonte méthodiquement un monde gangréné par la culture de l’oisiveté, la "culture du fun" qui cachent une dureté anormale. C’est tout l’intérêt de ce manifeste : l’hyper productivisme n’a pas vocation à porter un masque faussement heureux.
Léa Chauvel-Lévy
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