Quand la jalousie entame la liberté sexuelle

Connu pour ses ouvrages sur l’art contemporain mais surtout pour son récit La Vie sexuelle..., publié au Seuil en 2001, Catherine Millet livre pour la rentrée littéraire 2008 une confession intime et sensible sur la jalousie.
La couverture du livre Jour de Souffrance de Catherine Millet
---
---
T Taille du texte - +
---
Notre avis 

 

 

L'auteur évoque son livre :

 

"Dans les semaines qui ont suivi la sortie de La Vie sexuelle de Catherine M., je me suis rendu compte qu’une question revenait toujours dans les réactions des lecteurs : "Comment avez-vous fait avec la jalousie ?" J’ai alors pensé que mon projet n’était pas abouti tant que je n’avais pas répondu à cette question. Je n’avais pas affaire à des hommes tellement plus secrets que moi quant à leur vie sexuelle. Un fit exception, Jacques. Les allusions de sa part à d’autres femmes sont restées rares et discrètes et l’on a compris que je ne m’intéressais pas à poser des questions.

Le contraste de ce pan de vie mystérieux en regard de mon entourage qui se livrait plutôt ouvertement, d’autant plus sensible que le sentiment qui me retenait à Jacques avait pris un caractère particulier, me conduisit à des réactions différentes. Dès les premières années de notre relation, à trois ou quatre occasions, je manifestai de la jalousie."

 

NOS INFOS

Jour de souffrance de Catherine Millet / Flammarion / août 2008 / 273 p. / 19 €

Pour commander directement ce livre :

NOTRE CRITIQUE
Jour de souffrance est un puissant aveu de faiblesse par le souci d’honnêteté qu’a son auteur de dire son mal-être, sa jalousie, sa frustration, ses obsessions. Dans un rapport quasi pathologique à l’écriture, Catherine Millet use du champ lexical de la maladie ne se gardant pas d’évoquer ses "rechutes" et ses "crises"…


L’auteur se saoule de ses propres mots comme pour essayer d’oublier sa détresse. L’écriture en devient itérative mais le style n’est jamais indigeste, le point de vue de l’auteur étant sans cesse renouvelé. De cet édifice a priori fragile l’auteur tire toute sa force. La faculté qu'a l'écrivain d’analyser de façon chirurgicale son âme meurtrie grandit l'oeuvre.

On est très loin des frasques ou de la provocation de son précédent roman. Ici, l’écriture est objectivation et chaque émotion, sentiment, ou mouvement de l’esprit constitue une étude pour son auteur. Objectivation, car son corps laissé tout entier dans La Vie sexuelle de Catherine M. ne lui appartient plus. 

A force d’introspection détaillée, Catherine Millet devient obstétricienne des mots. Elle ne cherche plus à provoquer mais bien plus à s’évoquer en profondeur. En cela, Millet se montre plus fidèle que jamais.

 

Léa Chauvel-Lévy

 

Commentaires
 
Pour chaque envie, le livre qu'il vous faut...
Sélection littéraire de l'été
A la plage ou dans votre jardin, choisissez votre distraction littéraire
Amélie Nothomb toujours présente
Amélie Nothomb toujours présente
"Le fait du prince" fait sa rentrée littéraire 2008

carnet d'adresse

 

 
Laure Michel présente sa rubrique;
Forum Cuisine
a

 

Recherche Spectacle