Des grands chefs vous invitent dans leur cuisine
Vous avez toujours rêvé de savoir cuisiner pour régaler vos convives ? Vous vous débrouillez aux fourneaux mais vos plats finissent toujours par se ressembler ?... La solution c’est de prendre des cours de cuisine avec un "pro". Ces dernières années, les ateliers culinaires rassemblent de plus en plus d’adeptes.
Un véritable phénomène que nous allons décrypter avec François Bergerault, co-fondateur de l’Atelier des chefs implanté à Paris en province et même à Londres et Bruxelles !
- Vous qui n’avez pas du tout, votre associé de frère et vous, une formation de cuisinier, d’où vous est venue cette idée ?
La création de l’Atelier des chefs a clairement répondu à l’engouement actuel du grand public pour la cuisine. Beaucoup de gens pensaient même, à l’époque, que nous avions même réagi trop tard, ils pensaient que "la mode" de la cuisine allait passer. Mais nous avons rapidement compris qu’il s’agissait de quelque chose de beaucoup plus profond, de plus durable.
- Aujourd’hui, les gens ont l’air décomplexés par rapport à leurs lacunes en cuisine. Comment expliquez-vous cette évolution des mentalités ?
Je pense que les gens se décomplexent car ils sont de plus en plus nombreux à être vraiment "nuls" en cuisine. En fait, depuis que les femmes se sont mises à travailler, elles disent toutes : "moi, je ne cuisine pas !" et elles n’ont pas honte bien au contraire, car leurs lacunes sont devenues "légitimes", elles n’ont pas le temps.
Mais les gens ont quand même conscience des valeurs et de la culture qui accompagnent la cuisine et peu à peu, ils s’y remettent. Le problème de l’obésité puis la baisse du pouvoir d’achat font aussi que l’on réfléchit plus à ce que l’on mange. Mais c’est une de nos missions aussi de favoriser cette tendance à "oser". Nous essayons nous aussi de décomplexer les gens.
- Tout le monde peut-il suivre ce type de cours ou faut-il tout de même avoir des bases en cuisine ?
Notre message est très simple : il est aussi rapide et facile de préparer un repas savoureux que de plonger dans le bac à surgelés ! L’idée de notre cours basic de 30 minutes ("l’En-cas", 17 euros), c’est que même si vous n’avez aucune connaissance en cuisine ni beaucoup d’argent, vous pourrez apprendre car vous n’êtes pas plus bête qu’un autre. Donc, oui ! Tout le monde est capable.
- Quelle est la moyenne d’âge des gens qui se lancent, y a-t-il un profil type chez les élèves ?
Je ne peux pas donner de moyenne d’âge car les élèves ont des profils très variés. On peut aussi bien avoir un homme de 50 ans qui est redevenu célibataire et qui a envie de se faire plaisir et de faire plaisir aux autres. Des jeunes hommes ou jeunes femmes célibataires qui en ont marre de mal manger sous prétexte qu’ils sont seuls. Des mères de famille qui veulent parfaire leurs connaissances et faire plaisir à leurs enfants. Des retraités ou des gens qui préparent leur retraite en ne travaillant que partiellement et qui ont l’envie et le temps pour apprendre…
- Qu’apprend-t-on dans vos cours ?
Je dirais que ça dépend des cours. Nous avons des cours simples qui vous montrent comment faire de la "très bonne cuisine du quotidien". Le but est de vous donner les idées que vous n’auriez peut-être pas eues seul. Par exemple, cuisiner un dos de cabillaud déglacé au miel de soja avec une polenta aux champignons… C’est extrêmement simple à préparer et c’est quand même mieux qu’un dos de cabillaud "tout court".
Vous avez aussi des cours thématiques de 2h pour des personnes qui veulent aller plus loin et qui sont peut-être moins novices. Par exemple le "tout foie gras", ou le "tout saumon de Norvège". Enfin, vous avez des cours de 4h30 "grande cuisine de saison" qui là, se rapprochent un peu plus de ce que vous pourrez déguster dans de grands restaurants.
- Vous qui êtes constamment en contact avec les chefs, qu’est-ce que cette activité apporte aux grands chefs qui enseignent ?
Quand vous êtes chef dans un grand restaurant, vous passez des heures à concevoir une recette, encore des heures à réfléchir à la présentation d’une assiette… mais vous ne savez que rarement si votre travail a plu ou non. Là, les chefs voient les gens, ils sont en contact constant avec eux, écoutent leurs avis et en plus ils transmettent. Ils sont ravis. De toutes façons, lorsqu’on est chef, on est généreux par nature, on aime donc donner et transmettre.
- Comment est accueilli l’Atelier des chefs à Londres et à Bruxelles ?
Nous sommes implantés à Bruxelles depuis 1 an et demi et à Londres depuis 6 mois, il est donc un peu tôt pour tirer des conclusions. Mais ce que je peux dire, c’est qu’à Londres, l’engouement pour l’apprentissage de la cuisine est très "corporate". Les collègues de travail se retrouvent autour de cette activité sympa que l’on peut pratiquer en équipe, ça marche très bien. C’est aussi comme ça que les choses ont commencé en France. L’étape suivante c’est le grand public. Il est déjà convaincu chez nous et j’espère qu’il le sera très vite à l’étranger.
Laurence Nyer

















