Romain* se décrit lui-même comme « infidèle ». Un état des choses qui a toujours fait partie de sa vie. Trois longues relations et à chaque fois le besoin d’aller voir ailleurs. Il s’est livré à nous. Au risque de passer pour le traître de service. Sans préjugés, on le remercie et on écoute son histoire.
« Volonté de plaire, difficulté à dire non… »
Romain a la vie de milliers de gens. Un travail de commercial dans une grande entreprise de province, un appartement sympa et lumineux, une compagne qu’il aime et qui l’aime en retour. Un bonheur sans faille ? Loin de là. Romain a toujours été infidèle et ne voit pas, pour le moment, le moyen de faire autrement : « Me concernant, il apparaît difficile de rester fidèle pour ces raisons essentielles : volonté de plaire, difficulté à dire non, excitation face à la nouveauté… ».
Fanny, Hélène, Léa et les autres…
Il a 33 ans et déjà trois grandes histoires, la première avec Fanny*, de 18 à 24 ans, la seconde avec Hélène*, de 24 à 28 ans, et celle du moment, avec Léa,* qui a débuté alors qu’il avait 29 ans. Trois longues relations qui ont compté – et comptent encore - dans sa vie, avec des femmes qu’il a, à chaque fois, aimées, sincèrement. Et pourtant, il confie : « J’ai eu des aventures pendant chacune de ces histoires, une à deux à chaque fois ».
La vie de Romain n’est pourtant pas celle d’un mauvais vaudeville, pas de situations rocambolesques ni de maîtresses dans le placard : « Les situations les plus "difficiles" ont été celles où il fallait se donner rdv en cachette, parfois dans un hôtel… »
Romain est un paradoxe ambulant ! Quand on lui demande s’il pense que la fidélité est un concept dépassé, il répond « Non pas du tout, et ce n’est pas non plus utopique d’y croire ! ». Ce n’est juste pas pour lui. Ça ne le concerne pas. Lui qui croit aussi qu’il est possible d’aimer deux personnes à la fois « peut être pas forcément pour les mêmes raisons, quoique... »
Protéger l’autre ?
L’envie de tout dire à l’autre, de tout avouer ? C’est arrivé bien sûr, « les premières fois, plus maintenant ». Quant à la culpabilité, « J’ai appris à gérer ce sentiment » nous lâche-t-il. Pense-t-il un jour dire la vérité à Léa ? « Je crois vraiment que toute vérité n'est pas bonne à dire. Si l’on aime vraiment la personne avec qui l’on est, autant la préserver. J'ai longtemps cru que l'honnêteté était la plus belle des vertus, je crois désormais que le respect de l'autre réside dans sa protection, et donc dans le silence... »
* prénoms modifiés afin de préserver l'anonymat
Emilie Lemoine
11/11