Cancer du colon : le dépister, c’est facile !
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| Dépistage du cancer du côlon : mode d'emploi |
| symptomes du cancer du colon |
| Les autres cancers |
En mars dernier, 16 millions de Français âgés de 50 a 74 ans ont reçu une invitation a participer au dépistage du cancer colorectal. Pour expliquer au public l’importance de ces tests, l’Institut National du cancer (INCA) avait lancé pour l'occasion une grande campagne d’information auprès du grand public, avec des messages en presse, radio et télé qui n’ont pas du vous échapper...
Pour nous expliquer comment fonctionne ce dépistage et ce qu’on en attend, le Dr Jérôme Viguier, responsable du département dépistage à l’Institut National du Cancer, a répondu à nos questions.
- Dans le monde, chaque année, 437.000 personnes meurent d’un cancer du côlon. Qu’en est-il en France ?
C’est le troisième cancer le plus répandu avec le cancer du sein et celui de la prostate. En 2005, on dénombrait 37.500 nouveaux cas par an. En 2008, ils étaient 39.000. Chaque année, environ 17.000 personnes meurent du cancer du colon en France mais il faut faire savoir que nous disposons de moyens de détection précoce. On peut vraiment baisser de 20% cette mortalité !
- Qui sont les sujets les plus touchés par le cancer du colon ?
C’est d’abord un cancer de la "2ème partie de la vie", il survient la plupart du temps vers 70 ans. Seuls 4 à 6% des cas arrivent avant 50 ans. Il concerne les hommes un peu plus que les femmes. Certaines maladies d'origine génétique, ainsi que des antécédents familiaux et personnels peuvent considérablement augmenter le risque. Si vous êtes porteur de polypes (verrues à l’intestin), vous êtes aussi plus exposé.
- Les gens de 50 à 74 ans ont reçu un courrier. Ils ont été invités à participer au dépistage du cancer colorectal grâce à un test facile. De quoi s’agissait-il concrètement ?
Ils ont reçu un courrier de la structure de gestion de leur département qui s’occupe de coordonner le dépistage. Ce courrier les invitait à se rendre chez leur médecin traitant pour retirer le test en question. Le médecin a d'ailleurs profité de cette visite pour faire un point sur les symptômes éventuels et les antécédents digestifs familiaux.
Pour ceux qui ont accepté, ils ont ramené chez eux le fameux test et ont déposé un prélèvement de selle de la taille d’un grain de riz 3 jours de suite qu’ils ont ensuite renvoyé avec une enveloppe T au laboratoire pour analyse. Quelques jours plus tard, ils ont reçu les résultats par courrier. Attention, si le test s'est avéré positif, cela ne signifie pas que vous êtes atteint par ce cancer, vous devrez juste passer à la seconde étape.
- Pour la campagne, vous aviez pris le parti d’innover. La méthode de communication sort de l’ordinaire. Pouvez-vous nous en expliquer les grandes lignes ?
Le 1er objectif était de réussir à parler de ce cancer avec des mots simples et surtout de dédramatiser. Le cancer du colon est vu comme sournois et aussi comme incurable.
Ensuite, comme ce cancer a une "très mauvaise presse" et que les gens croient qu’il n’est pas traitable, nous avons voulu insister sur l’idée que, s’il est pris à un stade débutant, il est facile de le combattre. C’est possible de traiter le problème rapidement et de tout oublier ensuite…
- Comment les gens ont-ils reçu ce genre "d’incitation au dépistage" ? Ont-ils été réticents ? Si oui, pourquoi ?
Ces incitations n'ont pas laissé les gens indifférents, de là à ce qu’ils se déplacent tous, on en est pas encore là. Il y a une réticence, les gens se défendent souvent en disant : "mon médecin ne m’en a pas parlé"… Et c’est pour cette raison que nous avon essayé d’impliquer le plus possible les médecins, c’est essentiel.
Disons que les hommes étaient moins clients pour sauter le pas. S’ils sont en couple, l’incitation de leur épouse ou compagne a beaucoup joué. Puis il y a la peur du résultat qui en bloque beaucoup. Enfin, l’idée que l’on recherche des signes dans les selles, c’est quelque chose qui a rebuté de nombreuses personnes.



















