Gérer le deuil d'un proche au sein du couple
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| Le deuil : gérer le deuil dans le couple |
| Le couple face au deuil |
Lorsque la mort survient dans la famille, hommes et femmes ont souvent du mal a se comprendre. Bien que partagée, la douleur éloigne souvent les conjoints. Comment accepter l’idée que la souffrance peut s’exprimer de façon différente d’un individu à l’autre ? Comment rester unis dans cette épreuve que constitue la perte d’un être cher ?
Nadine Beauthéac, psychothérapeute, spécialisée dans l’accompagnement du deuil qui vient de publier "Hommes et femmes face au deuil" répond à nos questions.
Les hommes face au deuil
- Comment réagissent traditionnellement les hommes et les femmes face au deuil ?
Le deuil sera "intuitif" chez la femme et "instrumental" chez l’homme. La femme restera dans le domaine des émotions et elle s’exprimera beaucoup ; l’homme lui, reste lié à la pensée et même s’il a évidemment des émotions, il ne les exprimera pas. Je pense au fond que l’homme vit quand même le silence comme une nécessité pour lui-même, il a besoin de se retrouver seul avec ses sentiments, ses souffrances.
- Cette attitude vient-elle de l’éducation reçue par les garçons et les filles dès le plus jeune âge ?
Oui, il y a de ça bien sûr. La société et la culture jouent évidemment. Lorsqu’on dit à un petit garçon qu’il ne faut pas qu’il pleure s’il se fait mal car ce n’est pas une attitude masculine, il intègrera forcément des codes qui conditionneront ses réactions à l’âge adulte. Mais il y a aussi des raisons physiologiques qui entrent en ligne de compte et qui déterminent aussi ces comportements.
Les enfants intègrent leurs rôles sociaux petit à petit, c’est pourquoi les modèles que l’on a décrit seront moins prononcés chez les enfants de moins de 13 ans. En revanche, c’est à l’adolescence que les codes masculins et féminins se précisent et là, les réactions ressembleront de plus en plus à ce que l’on a décrit.
- Les hommes s’expriment peu. Mais de quelle manière évacuent-ils leur souffrance ?
Plusieurs des témoins que j’ai interrogé se réfugient dans l’écriture : ils écrivent leur histoire ou même écrivent en s’adressant à la personne décédée, mais les femmes aussi utilisent ce moyen. Je dirais que ce qui caractérise vraiment les hommes, c’est le refuge dans l’action. Beaucoup de pères reprennent le travail dès le lendemain du décès de leurs enfants par exemple. Ils s’occupent et agissent de toutes les manières que ce soit. Ou alors ils utilisent ce que j’appellerais la "diversion". Par exemple, plutôt que de discuter de ses souffrances avec son épouse, un des témoins s’enferme régulièrement dans son bureau et travaille sur des fiches généalogiques de la famille. Il s’immerge alors dans l’histoire de la famille, mais dans la diversion. L’homme fera tout pour ne pas parler de sa souffrance oralement.

Présentation du livre : Lorsque la mort survient dans la famille, hommes et femmes ont souvent du mal à se comprendre. Couples, pères et filles, mères et fils, frères et sœurs partagent la douleur de la perte mais s’éloignent.














