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Les enfants au cœur de la violence conjugale

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Les enfants au cœur de la violence conjugale

Une petite fille et un garçon sont déguisés en vêtements d’adultes, et jouent à papa et maman autour d’une table. Soudain la fillette renverse du thé et se fait violemment gifler par le garçon. Elle s’écroule… C’est l’image de la campagne 2010 du ministère de la solidarité et de la famille contre les violences conjugales . Un clip à l’imagerie brutale et au slogan évocateur "Les enfants apprennent beaucoup de leurs parents, y compris les violences conjugales", pour évoquer les autres victimes des violences conjugales, parfois oubliées, les enfants.


Une campagne choc contre les violences faites aux femmes mettant en scène deux enfants au comportement violent, pour un constat alarmant : 60 % des enfants témoins de scènes de violences conjugales souffrent de stress post-traumatique. Témoins impuissants, lorsqu’ils ne sont pas victimes, les enfants sont au cœur de la spirale des violences conjugales .



Des enfants témoins et victimes collatérales des violences conjugales


La problématique de l’impact des violences conjugales sur les enfants n’est une priorité mise en exergue au niveau national que depuis quelques années. Les différentes études existantes démontrent pourtant clairement les conséquences négatives des violences conjugales sur les fonctions cognitives et comportementales des enfants : problèmes d’apprentissage, difficultés d’adaptation et de concentration, fonctionnement émotionnel perturbé se manifestant par une violence ou une agressivité anormale, ou à l’inverse par de la mélancolie et de la dépression, telles sont quelques unes des conséquences traumatiques possibles.

S’il n’y a pas de systématisation de la reproduction des schémas violents, il existe bel et bien des risques majorés. Un enfant témoin de violences conjugales aurait 7 fois plus de chances de devenir violent à l’âge adulte, et peut a contrario adopter un statut de victime.



Violences conjugales : des enfants instrumentalisés


Il n’est pas rare dans les situations de violence conjugale de voir le parent agresseur "utiliser" ses enfants pour manipuler son conjoint. Selon Emmanuelle Piet, présidente du collectif féministe contre le viol, 40 % des affaires de violences conjugales prennent d’ailleurs leur source lors de la grossesse de la femme. Menaces physiques sur les enfants pour que le conjoint se plie aux desiderata de l’agresseur, chantages sur la garde des enfants, appropriation des allocations familiales, non-paiement des pensions alimentaires pour conserver un contrôle financier, manipulation de l’enfant pour le tourner contre sa mère, tentative de culpabilisation de la mère et stigmatisation en tant que "mauvaise mère", etc…

Une spirale psychologique qui ne cesse pas nécessairement après une séparation voire même une condamnation : l’enfant peut en effet culpabiliser, penser être la cause des actes de violence et de la punition de son père, de la séparation de ses parents.



Protéger les enfants des violences conjugales


Bien évidemment, la première protection pour l’enfant reste pour le conjoint maltraité de sortir de cette spirale de violences. Il existe aujourd’hui de nombreuses associations ou foyers qui accueillent les mères battues par leur conjoint.

Reste alors le problème de la garde de l’enfant et du maintien éventuel des relations entre l’enfant et le conjoint violent. Il est bien évidemment très difficile dans ce genre de situation de violence de faire la démarche d’alerter les services de police et d’intenter une action en justice.

Pourtant, fuir avec ses enfants ne fait bien souvent qu’aggraver les choses en se mettant en contravention avec la loi. Faire constater les coups par un médecin et porter plainte est nécessaire pour prouver les maltraitances et assoir une demande de garde pleine et entière.

Enfin, même si l’enfant n’a pas "l’air" de présenter de séquelles psychologiques, l’intervention d’un pédo-psychiatre ou d’un psychologue s’impose. A la fois pour évaluer les conséquences psychologiques de la violence sur l’enfant, et analyser sa manière de percevoir les événements, mais aussi dans le cadre de la poursuite de la relation avec son père.



Paradoxalement, les femmes battues témoignent fréquemment d’une peur de quitter le conjoint violent par peur de perdre leurs enfants, et elles prennent au final souvent la décision de partir pour les protéger. Mais il est malheureusement souvent trop tard.



Alexandra Zawadzki, mis à jour le 20 octobre 2010


NOS INFOS

Le site du gouvernement sur la lutte contre les violences conjugales et les violences faites aux femmes : www.stop-violences-femmes.gouv.fr

Pour mettre fin au cycle de la violence, appelez le 3919, numéro d'écoute et d'aide anonyme.

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Vos commentaires
  • Posté le 2010-11-23 14:12:28

    j'ai vécu 6ans avec un homme alcoolique,violent et mythomane, mise sous AEMO j'ai signalé a plusieures reprises,aussi bien a cet organisme qu'au juge pour enfant(le 28 septembre ce drenier m'a dit que si j'avais vécu cela aussi longtemps c'est que je le voulais bien)le problème du père.malheureusement la seule réponse que j'ai reçu c'est qu'il fallait que je le prouve.mes enfants ont été placés a l'association ESSOR(la ils apprennent non seulement ce qu'est le vol mais aussi un langage trés choquant; tel que "ta guele, enculé, fils de pute...et j'en passe)aujourd'hui j'ai toutes les peines du monde a réccuperer mes enfants..je dois prouvé (encore !?..)que je suis capable de m'en occuper..je ne sais pas si vous pourrez me répondre mais je ne sais plus a qui faire appel..je précise qu'il y a 2ans mon fils ainé et moi avont déposé une plainte pour violence agravées contre mon ex et ce drenier n'a eut(pour nous avoir frappé) 100 euros d'amende et 150 de dommages et intéret..voila comment la justice française règle les problèmes de violences conjugales..


  • Posté le 2011-02-27 16:39:52

    j'espère que vous avez aujourd'hui la garde de vos enfants.


  • Posté le 2011-06-24 01:39:49

    bonjour . j entends trop souvent " violences conjugales femmes en dangers etc " c est bien mais pourquoi ne parle-t-on que des femmes battues ?? et les hommes battus par leurs femmes ? on en parle pas ?? c est tabou , honteux ? j ai vécu cela chez mes parents en tant que gamin , ma mère battait mon père, ensuite c'était ma sœur et moi-même , pour ma part j en suis meurtri à vie , mon père a failli en mourir a plusieurs reprises avant de partir avec ses enfants .mais il y a 20 ans de cela , il n'y avait rien pour nous aider , c'était tabou !


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