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La spirale de la violence conjugale

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la spirale de la violence conjugale

De la brimade passagère au coup de poing en passant par la première claque, comment une femme se retrouve-t-elle prise dans un contexte de violences conjugales ? Pourquoi accepter l'inacceptable et rester ? Tentatives d'explications en compagnie d'Hélène Netter, une psychologue qui travaille au quotidien auprès de femmes victimes de violences.

Hélène Netter, psychologue au sein de l’association Escale, évoque avec nous le processus des violences faites aux femmes, de l’emprise à la guérison.



- Existe-t-il un profil de la femme victime de violences ?


Il n’y a pas réellement de profil de la femme victime de violences . L’étude Enveff publiée en 2000 au niveau national a mis en exergue que la violence touchait toutes les catégories socio-culturelles et économiques, et donc tout type de femme. Les médias ont beaucoup parlé dernièrement de Marie Trintignant ou Rihanna, des femmes de caractère ayant réussi professionnellement et qui ont pourtant subies des violences.


On peut par contre évoquer certains facteurs de risque, comme le chômage et la précarité. Le moment de la rencontre est également important, car les femmes victimes peuvent être en situation de fragilité. Chez certaines femmes ayant subi des abandons, une sorte de dépendance affective peut se développer et le départ va la renvoyer à cet abandon, mais on sait surtout que dans ces cas de violence, il y a une relation d’emprise qui s’installe. A force de subir des violences, d’être niée, d’être traitée comme une moins que rien, elles deviennent incapables de prendre une décision pour elles. C’est ce qu’on appelle l’emprise.


Mais on peut toute faire une mauvaise rencontre. Après il y a la façon dont on peut être aidée et soutenue, et si on l’accepte.


Je distingue personnellement deux cas de figure. Il y a des femmes qui estiment qu’elles ont fait le choix de l’homme avec lequel elles vivent. Mais à Gennevilliers où j’exerce, nous avons beaucoup de femmes issues de l’immigration qui ont subi des mariages arrangés. Elles sont mariées sans connaitre la personne et les mécanismes psychologiques ne sont pas les mêmes. Quand la femme est amoureuse, il y a au début une grosse difficulté à reconnaitre qu’elle est victime de violences. C’est une forme de déni qui permet de se protéger.



- Comment les femmes se retrouvent-elles prises dans cette spirale de violence ?


Parce que la relation d’emprise s’installe très progressivement, de façon très insidieuse. Et que la violence conjugale s'inscrit dans une relation de domination cautionnée par le contexte sociétal. C'est parce que des représentations stéréotypées sont liées au rôle de chacun selon le sexe que certains hommes se sentent autorisés à utiliser la violence "une femme doit obéir, doit faire le ménage etc....".

Je me souviens d’une jeune femme qui n’avait pas conscience d’être victime de violences. Pourtant, son compagnon l’empêchait de voir ses amis, il l’appelait sans arrêt sur son portable pour savoir où elle était. Il mesurait la hauteur de son talon parce qu’à partir d’une certaine hauteur elle avait l’air d’une "pute".

Au départ ce genre de réactions n’est pas toujours interprété comme de la violence. Certaines femmes y voient le signe d’une passion et d’un amour qui peut être narcissiquement très flatteur. Elles n’arrivent pas à voir la différence entre cette violence qui s’installe insidieusement et ce qu’on décrit dans les livres et les médias comme de la passion.



- Une réelle incompréhension, voire un sentiment péjoratif persiste encore dans l’opinion publique au sujet des femmes battues : Si elles restent c’est qu’elles le veulent bien… Pourquoi ne partent-elles pas ?


La violence va s’exprimer sous forme de cycles. La tension monte crescendo,  les conflits deviennent de plus en plus violents et de plus en plus fréquents, autour de raisons stupides. Arrive la crise et les violences qui vont avec. Lorsque la tension retombe, l’agresseur transfère en général la culpabilité sur la victime qui en vient à l’intérioriser. Enfin, on arrive dans une phase lune de miel : c’est l’accalmie qui donne à la victime l’impression que tout peut s’arranger, et qui fait se recommencer le cycle.

Au-delà de cette emprise progressive, il y a des facteurs socio-économiques qui rentrent en ligne de compte. Parfois les femmes n’ont pas le droit de travailler, leur salaire est confisqué. Comment partir avec les enfants sans ressources et nulle part où aller ?


Sans compter le sentiment de honte. La honte de parler, la honte d’avouer être victime de violences.



Il y a un déclic qui provoque le départ ?


Certaines femmes partent dès les premières claques. D’autres au bout de 20 ans. Il n’y a pas vraiment  de règles. Mais on constate que la plupart disent partir au moment où elles se rendent compte que les enfants soufrent. Parfois aussi elles ont fait une rencontre, quelqu’un leur a ouvert les yeux.



Peut-on s’en sortir seule, sans suivi ?


Il est sans doute nécessaire de rencontrer les bonnes personnes, d’avoir un soutien pour rebondir. Pour partir il faut vraiment être aidée, soutenue. Faire la démarche toute seule est difficile. Mais le suivi n’est pas obligatoire, et on ne peut pas l’imposer à une femme.



Alexandra Zawadzki, mis à jour le 8 décembre 2010


NOS INFOS

L'association l'Escale

L’escale est une association qui fait partie de la Fédération Nationale Solidarité Femmes. Elle a plusieurs missions, d'accueil, d'aide et d'hébergement.
Des travailleuses sociales et des psychologues accueillent les victimes de violences, elles assurent des permanences collectives et individuelles, et des rendez-vous personnalisés, cernent le besoin d'aide psychologique.
Le service d'hébergement est quand à lui divisé en plusieurs parties, selon que les femmes sont autonomes ou pas, et selon l'urgence de la prise en charge. Une attention particulière est portée aux enfants, avec un atelier parentalité où les femmes peuvent s'exprimer sur leurs difficultés de mère et le fait que les enfants ne voient plus leur père. Au delà de ces nécessités d'hébergement, les travailleuses sociales aident les victimes dans leur recherche d'emploi, dans les démarches administratives, dans la recherche d'un logement, etc...

Pour plus de renseignements, rendez-vous sur le site de l'association : www.lescale.asso.fr

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Vos commentaires
  • Posté le 2011-02-14 22:40:12

    mon époux est violent psycholigiquement , etmenteur à souhait, hypocrite car gentil aved nos amis, et violent depuis hier. j'ai fait constaté les coups par mon médecin, 3 jours d'itt, ma soeur refuse de témoigner car elle craint les retombées familiales car je suis en longue maladie .Est il excat qu'étant fonctionnaire, il risque de perdre son emploi si je dépose 1 main courante. merci votre article est trés bien fait.


  • Posté le 2011-06-05 18:30:35

    Faites vous aider par des associations;penser plutôt à votre santé et votre avenir ;une main courante et juste une couverture pour vous lui il ne risque rien ;j ai vécu avec 1 mari manipulateur pendant 20 ans et ce n ai que maintenant que je me suis débarrasser mais il faut beaucoup de courage PARTEZ PARTEZ VITE ILS SONT TROP DANGEUEREUX


  • Posté le 2011-12-14 15:00:51

    je suis avec un mari violent depuis 6 ans je me réveille en sursaut je pleurs tout le temps j ai même envisagé le pire mais j ai mes enfants qui me ramène a la réalité .J'ai trouver le courage de le quitter depuis qu'il m'a dis que si je restai avec lui c'est que j'aimais bien me faire battre !!! courage a toute celle qui subissent la violence physique et mentale


  • Posté le 2011-12-06 18:19:48

    exact souvent les pressions exercées contre la famille nous empechent de partir et au début l'amour que l'on porte à ces êtres méprisables nous bouche la réalité et pourtant partir est la seule solution mais jamais le faire à chaux - il faut préparer son départ et ne jamais donner une seconde chance car celle ci nous conduira tout droit à notre perte - pensons d'abord à nos enfants et fuyons car la violence sera toujours croissante - courage


  • Posté le 2012-03-18 18:32:42

    mon mari me frappe aussi depuis 4ans mais c'est de temp a autre je croyé que des giffle et tirage de cheveux n'été pas une violance ensuite il a commancer a me craché decu et a me traité de chienne et quand je lui dit que je veut le quitté il me dit qu'il n y a aucun souci et que c'est moi qui le colle il me frappe meme etant enceinte et je me suis decidé a le quitter mais j'ai un grand pincement au coeur j'ai peur de revenir vers lui la cela fait plus de 2mois que ne se parle plus lui dort dans le salon et moi dans la chambre. je sais que je suis tres malheureuse avec lui et les enfant aussi car il ne s'en n'occupe pas mais bon il va me falloir une grosse dose de courage et bon courage aussi a vous toute


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