Comment fuir la violence de son conjoint ?

Comment me préparer ?
- Vous devez vous protéger. Soyez prévoyante et notez les numéros de téléphone de la police, de la gendarmerie, des secours…
- Photocopiez vos papiers importants tels que : diplômes, certificats d'imposition, bulletins de salaires, actes notariés, certificats médicaux. Et placez-les en lieu sûr.
- Préparez un paquetage avec vos affaires pour parer à un départ dans l’urgence.
- Signalez votre départ du domicile conjugal ainsi que les circonstances à la police ou à la gendarmerie sans mentionner votre nouvelle adresse.
A qui puis-je en parler ?
- Vous devez savoir qui dans votre entourage est digne de confiance et sera susceptible de vous épauler, de vous accueillir, de garder le secret d’une nouvelle adresse par exemple.
- Il existe des consultations juridiques gratuites dans les mairies, tribunaux, centres d'information aux droits des femmes. N’hésitez pas à vous en rapprocher.
- Près de votre domicile, il y a forcément une assistante sociale qui vous informera sur vos droits aux prestations familiales et à la sécurité sociale.
- De nombreuses associations connaissent les difficultés que vous rencontrez. Elles seront respectueuses de votre intimité et vous aideront à préparer votre départ.
Où vais-je aller ?
- Si vous êtes co-locataires ou co-propriétaires du logement commun, aucun des deux ne peut être obligé à quitter le domicile.
- Le juge aux affaires matrimoniales peut vous attribuer un appartement dans le cadre de la procédure de divorce.
- Il arrive parfois que le juge donne un délai à votre conjoint pour quitter le domicile familial.
- Il existe en France des lieux d'accueil spécialisés : centres d'urgences, d'hébergements spécialisés, de réinsertion sociale.
- Si vous étiez co-locataires et que vous quittez le logement, on ne saurait que trop vous recommander de vous désolidariser du bail par lettre adressée en recommandé avec accusé de réception au propriétaire du logement.
Et mes enfants ?
- Pensez à parler avec vos enfants des situations auxquelles ils sont ou ont été confrontés. Ils doivent également savoir la conduite à adopter face à ces actes de violence : sortir de la maison, se réfugier chez les voisins, contacter la police…
- Si vous quittez le domicile conjugal, vous devez emmener vos enfants pour continuer à exercer vos devoirs de surveillance, d'éducation et de protection. Dans le cas contraire, on pourrait vous accuser d’abandon de domicile familial.
- C’est à la loi de décider le maintien de vos enfants à vos côtés. Le droit de visite et d'hébergement peut être refusé à l'autre parent en cas de motifs graves.
Dois-je engager des poursuites ?
- Violences physiques, sexuelles ou morales peuvent constituer "une violation grave des obligations du mariage, rendant intolérable le maintien de la vie commune." Vous pourrez alors demander le divorce pour faute, mais il faudra prouver vos dires.
- Alors, faites constater les blessures par un médecin et obtenez un certificat médical qui précise la durée de l'incapacité totale de travail, et ce même si vous n'avez pas d'activité professionnelle. Ce document devra être conservé.
- Déclarer à la police ou à la gendarmerie, les violences que vous avez subies. Déposez une main courante.
- Recueillez des témoignages écrits de la famille, de vos amis, voisins, collègues. Ces documents doivent être datés, signés et accompagnés d'une photocopie de pièce d'identité.
Et n’oubliez pas que votre départ doit être préparé et que vous n’êtes pas seule.
Maggy Galichet















